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3 sept. 2011

TT Speaches / été 2011

Illustration: vitfait

Réunissons deux mois d'été allegés en sortie pour deux correspondants moins alertes que d'habitude. Voici donc un TT Speaches version estivale, juillet et août additionnés. Allons–y en douceur.






















Julien: En douceur, et en format réduit: Wooden Shjips viennent de sortir un EP intitulé WEST (Thrill Jockey / Konkurrent). De San Francisco, ce quartette ne pratique pas vraiment la mandoline en fait. En sept morceaux, de quoi prendre sa (bonne) dose de fuzz, de drone et de stupéfiants décibels. C'est surtout la deuxième moitié de WEST qui marque son territoire, avec salves psychédéliques "Flight" et "Rising", entourant le garage tip top de "Looking Out". D'une formule banale, mainte fois déclinée, le groupe – qui en a vu d'autres –  réussit son tour de passe et se positionne dans le catégorie "remplaçants de luxe des Warlocks". Splendide musique de route / déroute, WEST est cette côte Ouest fantasmée, à l'aise et pourtant tellement dangereusement classe. Le single extrait de ce EP sortant début septembre en Europe, "Black Smoke Rise", possède déjà son clip. Une question: va–t–on enfin assister à une rentrée rock? 

Pierre: Pas sûr. Je sais pas si c'est le fait de n'avoir rien écouté durant 40 jours mais depuis que je suis rentré, il y a très peu de trucs rock qui m'ont marqué. A nouveau, c'est plutôt des côtés électro et hip hop qu'on tombe sur des nouveautés qui claquent. A la rigueur, il y a cette chanson de Thee Water MoccaSins: "Stay Here". Directement de Kansas City, cet énième groupe à cheveux longs n'en délivre pas moins une chanson brumeuse à souhait, lorgnant du côté des Spacemen 3. Les guitares sonnent parfaitement et une fois de plus le psychédélisme ressort plus fort lorsqu'il utilise moins d'effets. Pendant ce temps-là, Julian Casablancas tourne une pub pour un parfum: sisi.  


Julien: à écouter avec autant d'attention que le EP de Wooden Shjips: The War On Drugs sortent leur nouvel album, SLAVE AMBIENT, et tous les critiques le placent en rubrique "sortie de la semaine", voire mieux. Nettement plus élancés que leurs compatriotes ricains, ils ne manquent toutefois pas d'idées, en livrant un album lumineux et classieux au possible. L'ouverture "Best Night" colle aux basques, mené à un régime atténué, où l'on ne sent pas les turbulences. Signé chez l'excellent label Secretly Canadian (Antony and the Johnsons au hasard, ou encore Jason Molina et jj), le groupe de Pensylvanie livre en cette fin d'été son véritable deuxième album. La grosse locomotive rappelle aussi d'autres collègues d'écurie, Magnolia Electric Co. ("I Was There") ou encore The Helio Sequence de Sub Pop ("Brother"), et, de fait, un demi–siècle de tradition américaine. Le style The War On Drugs est toutefois fièrement représenté sur "Your Love Is Calling My Name", psychédélique débonnaire mais pas pédant. Proche de Kurt Vile, le meneur Adam Granduciel extirpe avec autant de talent que ce dernier sa voix des multiples textures de ce morceau pour en faire un classique du genre. Presque sidérant. Pour preuve, il aurait la même stature qu'un Richard Ashcroft de la grande époque, faisant de ses Verve un groupe acceptable. Après un court – et bon – interval, "Come to The City" lance la grosse sauce, version stadium rock. "Oh que ça va plaire aux ricains" peut–on entendre ici et là. Assez prévisible parfois ("It's your Destiny"), le groupe sait toutefois faire une chose rare: jouer avec les atmosphères et livrer un vrai album, avec des titres–clés ("Baby Missile" par exemple) entourés d'instrumentales, sans  à–coups, pour s'élever jusqu'à ce morceau dément en fin de LP, "Original Slave". Entre Wooden Shjips, The War on Drugs ou encore Ganglians (STILL LIVING paraîtra en septembre), nous tenons en cette rentrée des excellents groupes. 























Pierre: C'était quand même l'été alors au milieu de ces groupes psyché, un peu mélancolique quand même, je place l'EP qui a fait suer des miches cet été: ELECTRONIC DREAM d'AraabMusik. Ce producteur de dipset originaire du Rhodes Island laisse pour une fois le hip hop de côté pour y aller franchement du côté de la house et de la trance, bref les sons qui réchauffent l'épiderme. Même si l'album flirte constamment avec le kitsch, et que les voix féminines hyper suaves en rebuteront plus d'un, il n'en reste pas moins qu'on se laisse volontiers aller sur ces hymnes langoureux. "Streetz Tonight", ça t'enlace, te tourne autour, comme une bombe à l'indice de séduction élevé. De toutes façons, il fait déjà moite alors pourquoi ne pas ouvrir le haut de sa chemise et suer sur ses beats . De plus, AraabMusik a tout prévu et une fois qu'il est temps d'accélérer, il balance des titres trance comme "Lift Off". Si tu te prends ce titre dans les jambes sur la piste de danse, mieux vaut avoir bu assez pour ne pas tomber tout déshydraté. 


Julien: Tout un programme! Cela me rappelle le "bonker" Dizzee Rascal avec son grime fluo et ses archi–tubes. Forcément, ces deux artistes nous place fait à un constat amer: on espérait éviter le retour des années 90, se disant que non, il n'y avait rien à en retirer. Et puis, c'est d'abord la techno minimale qui depuis quelques temps pioche abondamment dans son passé glorieux, remettant ici et là de la couleur, ce qui n'était pas si mal tout compte fait. Pour autant que cela serve le propos. Est arrivée Lady Gaga et toute une flopée de spécimens R&B tapant dans le même registre, plus intéressant sociologiquement que musicalement. Certains en profitent pour enjamber les référentiels, à l'instar des new–yorkais de The Rapture, eux aussi emmené dans cette vague de fond nineties, avec plus ou moins de veine. Pour rappel, The Rapture a livré au début du XXIème Siècle un EP puis un LP, ECHOES, demeurant comme un passage–clé à toute une génération née dans les années 80 avides de reprendre l'affaire Post Punk là où les pionniers l'avaient abandonnée, c'est–à–dire pas très loin du caniveau. Avec The Rapture, c'était la fête à la maison, les années 80 dans leur bel apparat (parce que tout ne fut pas rose, je me souviens des séances d'aérobique auquel on greffait, outre des tenues vraiment stupides, un habillage sonore des plus déprimants), un quatuor de musiciens aux prédispositions largement au–dessus de la moyenne. Et puis, forcément, l'affaire s'est gâtée dans la spirale des tournées, PIECES OF THE PEOPLE WE LOVE (2006) possédait certes des pépites, mais ça sentait déjà mauvais. Trop beau pour être vrai? Voilà que cinq ans plus tard, autant dire un gouffre intersidéral dans le commerce musical moderne, le groupe revient à trois, sans bassiste à plein temps. IN THE GRACE OF YOUR LOVE (paru chez DFA, label de James Murphy) tape donc dans ces foutues années, avec plus ou moins de gêne. Si l'ouverture "Sail Away" pourrait faire danser une horde de hooligans britanniques, c'est superbe, "Blue Bird" une assemblée de clones de Jimmy Summerville, c'est intéressant, "Roller Coaster" n'est pas des plus délicats, "Children" est une europop absolument magnifique pour le genre, ce qui veut dire à bannir rapidement. "Can You Find a Way" est étonnant, avec ses contre–temps, entre musique hantée et rythmiques dance. Du nineties royal, en voilà avec "How Deep is Your Love?". Si j'étais la personne concernée, je me vexerai de suite. Entendu en concert récemment (review à venir, sous forme de débat), il va sans dire que le morceau met mal à l'aise comme un malheureux malentendu. Je pense Pierre que tu n'as pas eu le temps d'écouter ce IN THE GRACE OF YOUR LOVE. Si tu aimes les choses house, il y a ce "Come Back to Me" que je trouve excellent. J'imagine très bien ce titre légèrement remixé passer dans de nombreux clubs. Alors, à ce jeu–là, oui, The Rapture n'ont pas à rougir. Dans la même veine, "In the Grace of Your Love" est sacrément bien foutu, jouant aussi sur le passé du groupe. Car, voici le vrai problème: qui va écouter The Rapture pour se retrouver face à une relique passéiste pointant la mauvaise année – ou période – sur le calendrier? Cette formation, si elle n'a jamais rien renouvelé, s'est servi de ses qualités techniques, optant pour l'efficacité plutôt que la subtilité, avec suffisamment de bonne foi pour être apprécié des sceptiques. On regrettera néanmoins ces premiers méfaits, ECHOES en tête, de même que quelques titres crève–cœurs, quasi acoustiques, là où s'exprimait véritablement les sentiments d'un groupe désormais englué dans son décorum, ou dans le piège qu'il s'est lui–même construit.  


Julien: Récemment aperçus au Montreux Jazz Festival, les cé-fran de Housse de Racket pourraient bien voler la vedette aux Rapture. Normalement, ce genre de groupe qui kicke sec a tendance à me faire partir en courant, l'écurie de Kitsuné en tête. Je n'y peux rien. Ce TOC ne va pas me lâcher avec ce duo de Chaville, leur deuxième album ALESIA sous le bras (chez Kitsuné donc). Mais putain, quelle puissance sur l'ouverture "Human Nature"! La production de Philippe Zdar (Cassius) colle. Même producteur pour Housse de Racket que pour The Rapture mais pas même cohérence. Question de pédigrée. La suite? Un petit tube "Chateau", moyennement sérieux, au refrain ultra–efficace, des guitares fièrement tendues sur "Chorus", du synthé eighites sur "Alesia" (Moroder? Tellier? Vous êtes là les gars?). Les titres sont aussi rigolos que ceux de Naive New Beaters ("TGV", "Les Hommes et les Femmes", z'ont craqué). On reconnaîtra d'ailleurs honteusement un certain "Echoes" des Klaxons. Ou du Balavoine? Nous en reparlerons le mois prochain: Abel Tesfaye, de The Weeknd, vient de faire paraître sa deuxième mixatpe, THURSDAY, fait de remixes et de compositions personnelles. Pas mal pour un petit gars né en 1990, livrant ses productions gratuitement sur son site web. Alors oui, il y a une alternative à Philippe Zdar et compagnie. A se demander si ce dernier et ses compères pépères connaissent son existence… Il suffit d'écouter "Life Of The Party" pour s'en convaincre; de convenance R&B pour péter en dubstep méchante. La parfaite transition après du Shabazz Palaces? Avec The XX, The Weeknd prouve qu'il est permis de s'épancher de toute étiquettes, de toute école. Nécessaire!


























Julien: On reste aux Etats–Unis avec Jonathan Wilson de Forest City, Caroline du Nord. Actif depuis une quinzaine d'année, cette signature de Bella Union reste toutefois bien peu connu en Europe et pour cause: GENTLE SPIRIT n'est autre que son premier vrai album. Et quel album de pipe! Dans son studio de Los Angeles, Wilson a produit durant des années de superbes choses comme les albums de J. Tillman (Fleet Foxes), ou des titres de Will Oldham ou de Chris Robinson (The Black Crowes) ou a joué pour une liste d'artistes à en déprimer plus d'un: Erykah Badu, Vetiver, Elvis Costello, Bonne "Prince" Billy etc… Wilson profite de son carnet d'adresse pour convoquer une grande famille autour de son premier album, d'une rare justesse musicale. L'ouverture éponyme rappelle la période blanche de Lennon, ou, plus proche de nous, Elliott Smith, forcément, ou Jason Lytle de Grandaddy. Avec ces gens de bon goût, Wilson partage une voix à chialer dans sa bière, d'une clarté sidérante. "Can We Really Party Today?" pose la bonne question: avec un chant dépouillé d'une telle beauté, n'a–t–on pas affaire à un spécimen de la classe des beautiful losers? Rarement placé en tête de liste sur Think Tank, le folk des grands airs de Wilson (quel patronyme sacré!) est toutefois inratable. La bonne surprise de l'été déclinant. Parmi nos recommandations, le stratosphérique "Natural Rhapsody" montrant bien ici à qui nous avons affaire: un gros morceau. Wilson se place instantanément dans le très haut du panier. Pas le dernier des manches non plus, Fionn Regann sort lui son troisième album et replace la Grande–Bretagne dans notre Speaches. Il en était temps. Avec 100 ACRES OF SYCAMORE, l'Irlandais poursuit son joli bout de chemin, pas ridicule du tout face à ses modèles revendiqués, Dylan et Cohen en tête. 


Pierre: Voilà, voilà, on discute de toutes ces sorties internationales, mais sur Think Tank, on n'a même pas encore parlé de la sortie de la cinquième compilation signé Rowboat. Ca a beau être des amis, la vérité, c'est qu'avec une telle qualité, c'est pas cela qui fait qu'on en parle. Franchement, avec cette cinquième sortie, Rowboat tient tout-à-fait la comparaison avec tout ce que j'ai pu entendre comme compilation indé sur l'internet. Avec une équipe presque inchangée, Rowboat arrive une fois de plus à nous bluffer à coup de titres dont l'originalité et l'indépendance artistique font à chaque fois la valeur, que ce soit à coup de guitares tonitruantes ou de nappes épiques. La palme revient sans aucun doute pour ce volume 5 à Kurz Welle qui avec "Pritzkerprize and hay fever" n'a pas fini de charmer tout le monde. Une comptine où se côtoient grandiose et bricolage. J'ai déjà dit tout le bien que je pensais de "Inner Wars" de Buvette. Par contre, à force d'être scotché à chaque concert, il était temps de pouvoir aussi s'extasier dans son salon en écoutant "Fighting Love" des Awkwards. Au milieu de toutes ces réjouissances, brillent aussi l'électro orientale de Dam Mantle, la langueur de Ghostape et la houle de guitares de Vinci Vince. Bref clap, clap, clap et en plus en vinyle c'est encore plus beau.


Julien: on peut d'ailleurs écouter la version digitalisée de cette compilation sur le Bandcamp dudit label. J'ai moi aussi pris mon pied à l'écoute de cette nouvelle version; à mon avis, il s'agit de l'édition la plus achevée, tant au niveau production que choix des morceaux. Ce qu'il y a de bien avec ce label helvétique, c'est qu'il possède une telle identité qu'il tire tout le monde vers le haut, choisissant drastiquement les titres d'artistes (vous ne verrez par exemple jamais le Post Punk habituel des Awkwards sur une de ces compiles). Oui, Kurz Welle risque bien de mettre tout le monde d'accord. Merde, comment fait–il?

























Julien: cet été est aussi celui du retour très très attendu de Beirut et de la révélation d'un de ses outsiders les plus intéressants: Son Lux. Logé chez le remuant label Anticon, Ryan Lott aura mis trois ans à donner un successeur à AT WAR WITH WALLS AND MAZES, remarqué par quelques indépendantiste. Si "Rising" ou "Flowers" renvoient à Sufjan Stevens période ILLINOIS, il ne faudrait pas voir en ce Nord–Américain un petit numéro: avec WE ARE RISING, Son Lux tient son programme à la lettre près: monter haut, très haut, dans ses ballades huilées à la douce folie et infiltrée électroniquement, domestiquées, puis éclatées en pièces détachées somptueuses. Efficace. Je préfère toutefois nettement quand Lott se détache de ces sonorités parfois bas du front à la Efterklang pour renvoyer à Troy von Balthazar (”Claws”) ou à des pistes très électronica (”Let Go” et surtout le final ”Rebuild”). Et Beirut donc? En neuf titres, Zach Condon poursuit son petit marché idoine aux rayons  magic folk, musique de l’Est et jolies trompettes, épuisant tous les codes du genre, d’un genre qu’on appellera pop country. Pour mieux situer le méfait, il suffit d’écouter l’ouverture de son nouvel album, THE RIP TIDE, ”A Candle’s Fire”. En deux mots: du Calexico grand public, honorable et surtout convenable.. Heureusement, il y a des titres pour rattraper ce manque d’intérêt, comme le un peu plus original ”Santa Fe”, qui possède au moins cette qualité de croiser, allez, electronica avec sunshine pop, ou l’excellent ”The Peacock” qui évitera d’y voir constamment cette même structure intro–voix fluette–trompette–violons–choeurs–break–bis. Heureusement que d’autres artistes mettent les moins dans le cambouis, pendant que Beirut grignote ses tartines naïves et tellement prévisibles. Au hasard: Atlas Sound qui vient de faire paraître un nouveau titre, ”Terra Incognita”, en prévision de PARALLAX (à sortir début novembre 2011 chez 4AD). Nettement plus humble, nettement plus visionnaire, s’évaporant au bout de six belles minutes. Ce mec est le chanteur des Deerhunter, et il s’appelle Bradford Cox. Je vous suggère, quand l’heure des comptes aura sonné, de privilégier ce bonhomme. Ou un certain Spencer Krug, membre des canadiens de Wolf Parade ou Sunset Rubdown entre autres. Sous le nom Moonface, il vient en effet de sortir un EP sur son label habituel, Jagjaguwarhttp://jagjaguwar.com/onesheet.php?cat=JAG168. ORGAN MUSIC NOT VIBRAPHONE LIKE I'D HOPE est une ballade lo–fi de haut rang, avec un Krug toujours aussi en pattes. Pour amoureux de folk bricolée, d'électro organique et de psychédélisme kraut. A chaque nouvelle sortie, Spencer Krug signe un excellent travail, que ce soit avec Wolf Parade, Sunset Rubdow, Swan Lake, Frog Eyes ou en solo. Pour toutes ces excellentes contributions, j'en profite pour placer ce EP dans le rang des meilleurs albums du mois. Aussi parce qu'il le mérite pleinement.























Pierre: Un label qui n'a pas chaumé cet été, c'est une fois de plus Tri Angle, notre chouchou des chroniques musique hantée. Avec tout d'abord, le premier album de productions inédites de Clams Casino: RAIN FOREST. On en avait déjà un peu parlé sur TT (ici). Sur la longueur, le jeune prodige tient toujours la route avec des beats toujours aussi profonds et une texture sonore habitée de mille bêtes invisibles comme sur "Treetop". Des voix de fantômes n'ont même plus besoin de la compagnie de rappeur pour peupler des titres tous plus étranges les uns que les autres, avec ce style reconnaissable entre tous. Pour le clip de Natural, pas trop de recherche, juste des images de Aguirre de Herzog et la production terrible de Clamsy Clams. Autre sortie du label, Holy Other est en passe de dépasser toutes les autres en terme de qualité. Leurs concerts au dernier Sonar m'avait juste mis une énorme baffe. En cinq titres, WITH U fait presque aussi bien. La musique hantée et Tri Angle commencent à exister depuis un petit moment et cela se sent. La production est au poil, les rythmes assassins et les rares voix sont parfaitement placées. Les côtés un peu folklorique du genre sont laissés de côté pour aller directement à l'essentiel: une électro qui puise sa puissance dans une lenteur profonde et des sons spectraux. En plus, Holy Other seront au Romandie de Lausanne le 10 septembre dans le cadre d'Electrosanne. Pour finir, Tri Angle ne s'arrête plus et sort ce mois un nouvel album de Balam Acab. N'ayant pas encore eu le temps de bien l'écouter, je vous laisse avec les non moins excellents remix du même Balam Acab: "My Boo" des Ghost Town Djs et "Romantic Streams" de Sleep Over. 


 Julien: Tu ne seras pas surpris si je t'annonce que cet album de Balam Acab est d'un très bon cru. Fer de lance de cette musique qu'on appelle aux USA Witch house, Alec Koone, 20 ans seulement, mène son projet vers une esthétique très étudiée: du dépouillement, on en retire une électronica luxuriante sans pour autant être abondante. Ici, pas de trémolos à la Sigur Ròs, par exemple. J'ai été très surpris pas cette bonhommie sous–jacente à WANDER / WONDER. On se retrouve le mois prochain pour en discuter plus pleinement.


Disque de l'été
Pierre: Va, ROWBOAT VOL.5
Julien: Moonface, ORGAN MUSIC NOT VIBRAPHONE LIKE I'D HOPE

Singles de l'été 
Pierre: Kurz Welle, "Pritzkerprize and hay fever"
           Ghost Town Dj's, "My boo"(Balam Acab remix)
Julien: Kurz Welle, "Pritzkerprize and hay fever"
            1995, "La Source". Ah, c'était avant l'été?


Et ce dont on n'a pas pu parler cet été, notamment:
CSS, La Liberacion (Co-op)
DJ Diamond, Flight Muzik (Planet Mu)
Fruit Bats, Tripper (Sub Pop)
I Break Horses, Hearts (Bella Union)
Lil Wayne, Tha Carter IV (Cash Money)
Luke Temple, Don't Act Like You Don't Care (Western Vinyl)
Oupa, Forget (Fat Possum)
Patti Smith, Outside Society  (Columbia)
Red Hot Chili Peppers, I'm With You (Warner)
Tinariwen, Tassili  (V2)


A venir le mois prochain: 
Alias, Fever Dream (Anticon)
Azure Ray: Drawing Down the Moon [Saddle Creek]
Balam Acab, Wander / Wonder (Tri Angle)
Baxter Dury, Happy Soup (EMI)
Bear in Heaven: Beast Rest Forth Mouth [Hometapes]  
Crystal Antlers, Two Way Mirror (Recreation)
Fucked Up: "Year of the Ox" single [Merge] 
Junip: Fields [Mute] 

Les Savy Fav: Let's Stay Friends [Wichita] 
Male Bonding, Endless Now (Sub Pop)
Megafaun, Megafaun (Crammed Discs)
Of Montreal: False Priest [Polyvinyl]

No Age: Everything in Between [Sub Pop]
Peter Wolf Crier, Garden Of Arms (Jagjaguwar)
PG Six, Starry Mind (Drag City)
Sun Araw, Ancient Romans (Drag City)
The Drums, Portamento (Moshi Moshi)
Thundercat, The Golden Age Of Apocalypse (Ninja Tune)
The Acorn: No Ghost [Bella Union]

The Black Angles: Phosphene Dream [Blue Horizon]
The Clientele: Minotaur [Pointy] 
Violens: Amoral [Static Recital]
Women: Public Strain [Jagjaguwar]




La vidéo du mois: Clams Casino, "Natural"